21 novembre 2015

Daech : Films Documentaires pour mieux comprendre...

DAECH : Six Documentaires pour comprendre ...

Après l’effroi, les larmes et les discours martiaux, vient le temps des interrogations et le besoin de comprendre. D’où vient Daech ? Comment cette organisation s’est-elle structurée ? Comment se finance-t-elle ? Comment recrute-t-elle des combattants à Paris ou Bruxelles ? Comment vivent les populations tombées sous sa coupe ? Qui sont ceux qui leur résistent à Raqqa ou Alep ? Depuis deux ans, plusieurs réalisateurs ont tenté de répondre à ces questions au cours d’enquêtes tournées dans des conditions souvent périlleuses. Nous en avons sélectionné six. Six films dont certaines séquences sont éprouvantes mais qui chacun peuvent nous aider à mieux comprendre cette histoire tragique qui, de Damas à Paris, s’écrit depuis cinq ans sous nos yeux. Que leurs réalisateurs et leurs producteurs soient ici remerciés.

1/ “Engrenages, les jeunes face à l'islam radical”

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Réalisateur : Clarisse Feletin

Résumé :

Nora, Rachel, Samy et Lorie ont 15, 16 et 17 ans. Certains rêvent d'un voyage sans retour pour la Syrie, dans le but d'y faire de l'humanitaire, de devenir la femme d'un jihadiste ou de combattre. D'autres, comme Samy, en sont revenus et témoignent de leur expérience. Quels mécanismes d'emprise sont à l'oeuvre lorsque ces adolescents basculent dans la haine ? Recrutés sur les réseaux sociaux par les terroristes de Daech et du front Al-Nusra, ils sont prêts à rejoindre un pays et une religion dont ils ne savent rien. Le Centre de Protection contre les Dérives liées à l'islam, rempart au sectarisme créé par Dounia Bouzar, aide les familles à soustraire leurs enfants à l'emprise des jihadistes. 

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Analyse :

Son documentaire, terminé peu de temps avant la tuerie de “Charlie Hebdo”, résonne à nouveau terriblement avec l'attaque meurtrière du 13 novembre. La réalisatrice a suivi des mois durant ces jeunes que l'Islam radical cherche à d'enrôler. Un documentaire à voir ou revoir jusqu'au 22 novembre sur telerama.fr.

Partir en Syrie, pour « accomplir la mission qu'Allah leur a donnée ». Chaque jour en France, des mineurs se laissent instrumentaliser par le discours radical d'islamistes fanatiques. Clarisse Féletin a rencontré cinq jeunes issus de familles juive, musulmane, chrétienne ou athée, qui ont tous été endoctrinés via Internet. Samy, 15 ans, est parti en Syrie : il est à ce jour l'un des rares mineurs qui a pu, non sans difficulté, fuir ses geôliers. Nora, 15 ans, qui rêvait d'« aider les plus pauvres », s'est retrouvée séquestrée à Alep, aux mains des terroristes. Un père, athée, a découvert l'endoctrinement de sa fille Kathie par son compte Facebook.

Remarquable, cette enquête décrypte les étapes de la radicalisation, toujours vécue dans le plus grand secret : il faut entendre les chuchotements de Rachel téléphonant à son « gourou-fiancé » pour ressentir la puissance d'un lavage de cerveau digne des pires techniques sectaires. Par-delà les images de propagande et les théories complotistes, le film s'interroge sur le dispositif de prévention en France. Débordée par le nombre de familles appelant à l'aide, l'équipe de Dounia Bouzar au CPDSI (Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam) mène un travail unique. Tout comme le collectif d'associations Ne touchez pas à nos jeunes !, à Strasbourg. Un documentaire essentiel sur ce sujet. 

2/ “Djihad 2.0” 

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Réalisateur : Olivier Toscer
Résumé :
La France est le premier pourvoyeur européen de djihadistes en Syrie et en Irak. Selon les pointages effectués par les services de renseignement, près de 1 500 jeunes Français sont impliqués d'une façon ou d'une autre dans les filières de cette nouvelle «guerre sainte». Tous ou presque se sont radicalisés via Internet. Les terroristes de l'organisation Etat islamique (ou Daesh) y martèlent leurs messages de haine, qui sont d'autant plus efficaces qu'ils utilisent les codes des séries télé ou des jeux vidéo, si familiers de la jeunesse occidentale.

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Analyse et Interview du réalisateur :
Derrière les kamikazes de Daech sévit un bataillon de communicants. Des jeunes connectés qui élaborent des vidéos codifiées et maîtrisent parfaitement l'art de la cyberpropagande. L'endoctrinement a lieu sur Internet bien plus que dans les mosquées où beaucoup d'imams sont désavoués. Ce documentaire réalisé par Olivier Toscer analyse avec précision ce phénomène d‘”embrigadement par l'image”. “Djihad 2.0” avait été diffusé par LCP le 19 avril. La chaîne le rediffuse régulièrement depuis vendredi dernier. 

Votre film montre que les imams sont dépassés, sinon méprisés par les jeunes Français qui se radicalisent. Dans ce contexte, que pensez-vous de la volonté affichée de Manuel Valls d'expulser certains imams du territoire ?

Pour moi, c'est de la gesticulation politique. On se trompe de combat. Cela fait des années que les djihadistes ne fréquentent plus les mosquées. Le grand ménage a déjà été fait en 2012 après les tueries de Mohammed Merah et les foyers salafistes ont été fermés. Aujourd'hui, les jeunes intégristes n'écoutent plus le discours officiel de l'islam de France. Ils considèrent que les imams sont des traîtres, vendus au gouvernement, aux Juifs. Ces jeunes sont recrutés par des gourous autoproclamés qui les détournent au contraire de la mosquée. Les groupuscules se réunissent aujourd'hui dans la rue ou dans des appartements, d'où la difficulté de les localiser.

Selon vous, l'endoctrinement opère sur Internet. Par des vidéos et des clips redoutablement efficaces. Que pensez-vous de la riposte numérique du gouvernement après les attentats de janvier, avec ses films de contre-propagande ?

C'est mieux que rien, ces vidéos peuvent éventuellement avoir un effet sur certains jeunes au premier stade de la radicalisation. Après, c'est trop tard : toute parole du gouvernement, comme celle des médias, des parents, des imams, est considérée comme mensongère. Ces voix ne sont plus audibles. Il est impératif d'en faire entendre une autre : celle des djihadistes repentis, ceux qui reviennent déçus ou traumatisés de Syrie. Ce sont les seuls à être pris au sérieux par les jeunes Français tentés par le djihad, les seuls capables d'en dissuader quelques-uns de partir. L'anthropologue Dounia Bouzar fait déjà témoigner certains anciens djihadistes, au cas par cas, par mesure de prévention. Les Britanniques ont commencé à diffuser plus largement des vidéos d'ex-combattants islamistes en Afghanistan. Il faut savoir et faire savoir ce qui se passe une fois sur place : les Syriens ou les Irakiens considèrent les jeunes recrues européennes comme de la chair à canon, c'est tout. Les djihadistes français qu'on voit dans mon documentaire sont tous morts depuis le tournage.

Les réseaux sociaux sont-ils aussi des biais de recrutement ?

Il y a deux ans, Facebook et Twitter étaient envahis par l'Etat islamique : le groupe avait des « community managers » et une stratégie de cyberpropagande parfaitement rodée. Mais depuis l'été 2014, le gouvernement a commencé à faire supprimer des comptes. Les messages circulent désormais par d'autres biais, grâce à différents logiciels contournant la censure. Au fond, ça ne change pas grand-chose : les vidéos de propagande qu'on trouvait en un clic s'obtiennent maintenant en trois clics. Elles sont un peu moins visibles pour le grand-public mais restent très faciles d'accès pour les initiés. Les djihadistes y témoignent à visage découvert, preuve qu'aucun retour n'est possible. Si beaucoup de jeunes partent en Syrie pour faire les cons, conduire des grosses voitures et manipuler des fusils, ils subissent là-bas un véritable lavage de cerveau. En quelques semaines, ces gamins désœuvrés sont transformés en futurs kamikazes.

3/ “Syrie : les escadrons du djihad” 

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Réalisateur : Farouk Atig

Résumé :

Premier document choc diffusé cet été par le site Spicee : une virée à haut risque à Alep aux côtés des rebelles djihadistes qui luttent contre l'armée de Bachar El-Assad. Les balles sifflent autour de la caméra tandis qu’on aperçoit des barils d’explosifs largués par hélico au-dessus de la ville dévastée. Les reporters Farouk Atig (lire interview) et Yacine Benrabia filment aussi les temps morts où les djihadistes jouent au ballon ou dissertent entre deux assauts. Spectaculaire. 

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Analyse et Interview du réalisateur :

Entretien avec Farouk Atig, réalisateur de Syrie : les escadrons du djihad :

Il avait prévu de « souffler un peu ». A 38 ans, le grand reporter Farouk Atig venait de rentrer chez lui, à Paris, dans le XIe arrondissement, d'un tournage de trois mois au Liban, en Irak et en Syrie pour la chaîne National Geographic. Le djihadisme ne lui a pas laissé beaucoup de répit : l'une de ses amies a été tuée lors des attentats du 13 novembre. Spécialiste des mouvances islamistes depuis une quinzaine d'années, auteur de nombreux reportages sur le sujet pour Radio Canada, la BBC, Arte ou Al Jazeera, Farouk Atig a réalisé cet été avec le journaliste Yacine Benrabia un film très impressionnant – Syrie, les escadrons du Djihad – sur un groupuscule djihadiste ferraillant contre l'armée de Bachar El-Assad en Syrie. Neuf jours sous le feu des balles, à suivre cette brigade de fous furieux menant leur guerre sainte à Alep et réclamant, comme Daech, l'instauration d'un nouveau califat. Produit par le site Spicee, ce reportage spectaculaire, vendu depuis à une dizaine de pays, cerne au plus près la radicalisation qui sévit au Moyen-Orient.

Pour votre film, vous avez passé plus d'une semaine début juillet avec certains anciens membres de Daech. Etes-vous surpris par l'action et le mode opératoire des terroristes à Paris ?

Ces attentats correspondent hélas à ce qu'on pouvait redouter, étant donné l'expansion de l'Etat islamique, devenu en quelques mois une gigantesque entreprise internationale. Sa capacité à s'organiser et à planifier des attaques est désormais comparable à celle d'Al-Qaida. Ce n'était pas sa vocation au départ, mais l'organisation s'est consolidée ; elle avait prévenu qu'elle enverrait des soldats parmi les réfugiés pour se venger de l'intervention française en Syrie. Si je ne pensais pas que ces attaques seraient d'une telle ampleur, je me doutais que les frappes russes allaient accentuer la menace, peut-être même précipiter ce type d'attentat.

Les djihadistes de votre film veulent rétablir la charia et se félicitent des attentats contre Charlie Hebdo ou l'Hyper Cacher. Comment êtes-vous rentrés en contact avec eux?

Yacine et moi les avions déjà filmés auparavant, au tout début du conflit syrien. Entre-temps, certains d'entre eux avaient pris du galon, notamment Abu Muhammad al-Halabi, ancien leader du Front al-Nosra [groupe armé salafiste affilié à Al Qaida – ndlr], désormais à la tête des 1500 combattants du groupe Ansar-al Aquida. Nous avons repris contact avec eux, ils ont regardé les reportages que nous avions déjà réalisés au Yémen, en Irak ou au Liban — puis ont accepté qu'on les suive en nous laissant une assez grande liberté, sans contrôler nos images. Ils nous ont autorisés à filmer leur atelier de fabrication de bombes, leurs épouses qui s'initiaient au maniement des armes, jusqu'à l'explosion de l'un des leurs, muni d'une ceinture d'explosifs. C'est violent, mais on les voit aussi jouer comme des enfants avec des drones rapportés d'Europe, ou au football entre deux assauts. On a enfin rencontré cet étrange prêtre franciscain qui se disait favorable à la charia, sans savoir s'il était sincère ou simplement terrifié. La peur est partout en Syrie. C'est le pays de la conspiration. Les forces en présence évoluent en permanence : un rebelle peut passer d'un groupuscule à l'autre, faire partie de Daech le lundi et d'al-Nosra ou d'une milice chiite le jeudi, au gré des opportunités. Il est très difficile d'y voir clair.

 La situation a-t-elle évolué depuis votre tournage ?

Certains djihadistes qu'on voit dans le film ont été tués depuis dans des raids aériens. L'Etat islamique a repris du terrain à Alep et sa popularité ne cesse de grimper dans la région. L'armée syrienne libre ne contrôle plus rien. C'est une tragédie : plus de quinze mille enfants sont morts depuis le début de conflit. Leur sort est ce qui m'a le plus marqué au cours du tournage ; voilà pourquoi notre film se conclut sur l'image d'un jeune garçon réduit à fouiller les poubelles pour survivre au milieu des rues dévastées. Il faut impérativement que ce pays soit libéré, mais les frappes aériennes sont à la fois insuffisantes et trop dangereuses pour les civils. La coalition internationale ne pourra pas reprendre Raqqa ou Mossoul sans envoyer des troupes au sol. Est-ce que cela sera suffisant ? On peut aussi craindre que l'Etat islamique se recompose ailleurs, dans une autre région, sous une autre forme. La guerre est loin d'être finie.

4/ “La Rebelle de Raqqa”

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Réalisateur : Claire Billet et Lyana Saleh

Résumé :

Le quotidien à Raqqa sous le joug de l'Etat Islamique, et l'amertume de l'exil à Paris. Voilà ce que raconte le reportage “Rebelle de Raqqa”, porté par l'histoire d'Haya El-Ali. Avant de se réfugier à Paris en septembre 2014, cette jeune Syrienne a eu le courage de documenter la vie dans dans sa ville natale conquise par daech à l'aide d'une mini-caméra cachée dans son sac à main.  

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Analyse :

Elle fume très souvent devant la caméra. Rezane, âgée de 26 ans, a presque toujours une cigarette roulée entre ses doigts. Pour se calmer, sans doute, s'apaiser. Cette jeune Syrienne à la crinière brune et aux grands yeux noirs maquillés, originaire de Raqqa, la "capitale" des jihadistes, est devenue l'étendard de tout un peuple qui refuse le joug de l'organisation de l'Etat islamique.

Mais à quel prix ? Pour dénoncer l'insupportable quotidien à Raqqa, Rezane, au péril de sa vie, a décidé en 2014 de filmer les rues de sa ville natale, en caméra cachée. La vidéo, qui y dévoilait entre autres des femmes intégralement voilées et armées promenant leurs enfants au parc, avait marqué les esprits.

Peu après la diffusion de cette vidéo, la jeune femme a été identifiée, "à cause de son langage corporel", croit-elle savoir. "J'utilise beaucoup mes mains quand je parle." Les jihadistes la menacent, elle et sa famille. Ils lui envoient des photos de cadavres décapités. Rezane n'a pas le choix, elle fuit, laisse tout derrière elle, son histoire et sa "mémoire". Elle se réfugie à Paris, dont elle ne maîtrise ni la langue, ni les codes.

Deux journalistes, Lyana Saleh et Claire Billet, ont suivi pendant plusieurs mois cette jeune héroïne, qui a dû rendre son passeport syrien pour obtenir l'asile politique en France. "C'était ma dernière pièce d'identité", confie-t-elle, désemparée, assise devant un agent de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides). "Maintenant, je suis sans rien, sans maison, sans chez moi, sans papier."

"Ils ont violé notre mémoire"

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Rezane tente de s'intégrer malgré tout. Devant les journalistes rencontrés lors des soirées parisiennes, elle dénonce inlassablement la situation politique en Syrie, est intarrissable sur les échecs de l'opposition syrienne, sur l'abandon de Raqqa. Elle sort aussi. Se balade dans les rues de la capitale, "mais il est difficile de profiter de Paris quand on est seul", dit-elle.

Elle retrouve pourtant un ami de Raqqa, Mohamed, qui a fui lui aussi les persécutions de l'EI. Ensemble, ils tentent de faire un deuil impossible. Rezane ne supporte pas d'être loin de chez elle. "Ils nous ont violés, ils ont violé notre mémoire. Ils m'ont privée de tout", lâche-t-elle. "Je n'ai même pas pris la photo de mon père. Je croyais que j'allais revenir", ajoute-t-elle.

"Ici, tu as la possibilité de tout oublier", tente de la rassurer Mohamed, qui a été torturé par les jihadistes. "Oublier quoi ?", lui répond-t-elle instantanément. "Tu non plus, tu ne pourras pas oublier."

Rezane n'a jamais défait sa valise. "Je suis prête à rentrer n'importe quand", assure-t-elle, le regard perdu sur cette ville qui n'est pas la sienne. Ses proches se trouvent aujourd'hui en Turquie. Elle espère pouvoir les retrouver prochainement. En attendant, elle prend des cours pour apprendre la langue de son pays d'accueil. Ses premiers mots en français ne sont pas choisis par hasard. "Je suis Haya [son vrai prénom]", dit-elle devant la caméra. "Je suis syrienne", peut-on lire dans son cahier de français.

5/ “Encerclé par l'Etat islamique”

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Réalisateur :Xavier Muntz

Résumé et Analyse :

Trois semaines avec les combattants kurdes de Sinjar, en première ligne  contre les djihadistes de l'État islamique. Un document exceptionnel.

Irak, décembre 2014. Les forces de l'État islamique ont totalement  encerclé les montagnes du Sinjar, à l'ouest de Mossoul. Une population  de Kurdes yézidis, musulmans et chrétien se retrouve prisonnière dans  les villages. L'étau se referme sur les maigres forces qui résistent.  Unique moyen d'atteindre la zone : un hélicoptère qui survole le  territoire de l'État islamique pour apporter des vivres. Début décembre,  le réalisateur Xavier Muntz monte dans l'hélicoptère. Il va passer  vingt jours avec les combattants kurdes en première ligne, dans un  quartier de Sinjar. Il découvre des hommes sous-équipés, mal armés,  presque abandonnés à leur sort : en dix-sept jours, il n'y aura que deux  frappes américaines, ce qui contredit le discours des forces de la  coalition…

Xavier Muntz a pu filmer les opérations les plus audacieuses menées  par les Kurdes contre les positions islamistes. Le réalisateur a  accompagné les snipers, suivi des groupes de combattants qui avancaient  rue par rue, maison par maison. Il a aussi pu filmer les nuits d'attente  et les débats entre les combattants yézidis (des zoroastriens, qui  pratiquent l'une des plus anciennes religions monothéistes) et les  musulmans, des échanges témoignant d'une grande tolérance. Xavier Muntz a  assisté à une réunion féministe en plein milieu de l'offensive  où une  combattante gradée chapitre ses hommes sur la nécessaire égalité  homme-femme , et a passé deux jours avec un volontaire américain venu  se battre aux côtés des Kurdes. Cet ancien marine républicain a  découvert avec surprise qu'il avait rejoint une guérilla marxiste ! Cela  ne l'a pas empêché de rester. Après deux semaines de lutte acharnée et  grâce aux renforts venus des Kurdes de Syrie, les combattants kurdes ont  enfin réussi à faire reculer les forces de Daech, lesquelles  enregistrent leur première grande défaite. La ville de Mossoul, place  forte de l'État islamique, devient leur prochain objectif…

6/ "Daech, naissance d'un Etat islamique"

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Réalisateur : Jérôme Fritel

Résumé et Analyse :

Après un mois d'investigations en Irak, cette enquête révèle, pour la première fois, le visage complet et effroyable de Daech : une organisation djihadiste aussi riche qu'un État africain, devenue une multinationale de la terreur.

L’État Islamique en Irak et au Levant, Daech en arabe, contrôle aujourd’hui un territoire grand comme la moitié de la France, à cheval sur deux pays, la Syrie et l’Irak. Sa fortune est comparable à celle d’un pays africain. L’organisation est devenue une sorte d’État hors la loi qui attire militants et combattants du monde entier. Inconnue il y a un an, cette start-up du terrorisme, née en Irak sous l’occupation américaine, est devenue une multinationale de la terreur. Comment est apparue Daech et quel est son modèle économique ? Peut-elle encore étendre son territoire ? Comment lutter contre une structure qui ne dépend plus de financements extérieurs ? Les journalistes Jérôme Fritel (Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde) et Stéphan Villeneuve sont partis un mois en Irak, en novembre 2014, pour enquêter sur cette organisation terroriste qui bouleverse tous les enjeux géopolitiques de la région. Cette investigation, tournée comme un "road movie", nous emmène aux différentes frontières, côtés irakien, kurde et turc.
À l'image des cartels du crime À 60 km au sud de Bagdad, dans une région nommée Jurf al-Sakhr, reprise à Daech après de féroces combats à l’automne dernier, se dévoilent des paysages défigurés par la guerre : palmiers déchirés par les obus, carcasses de chars, populations en fuite. Une guerre de religion se déroule ici, qui oppose les sunnites, regroupés autour de Daech, aux chiites au pouvoir à Bagdad et aux kurdes, et s’accompagne d’un nettoyage ethnique à grande échelle. À travers les témoignages de ceux qui l’ont vécue, le film retrace aussi la prise de Mossoul. Comment la deuxième ville d’Irak a-t-elle pu tomber aussi vite ? "Casse du siècle", cette conquête a fait tomber dans l'escarcelle de Daech près de 500 millions d’euros de cash qui dormaient dans les banques. Les djihadistes se sont également emparés des puits de pétrole, ainsi que des réserves de gaz naturel, de phosphate, de blé et d’orge situées dans le grand ouest irakien. En prenant Mossoul, l’organisation est devenue milliardaire et s’offre une assise administrative quasi étatique. Le film donne la parole à ceux qui, de gré ou de force, travaillent sous la domination de cette organisation et décrit le fonctionnement de cet État autoproclamé. Les responsables actuels et passés du gouvernement irakien expliquent comment Daech dépouille l’Irak d’une partie de ses recettes. Par l’intermédiaire des établissements situés sur son territoire, l’organisation accède également aux réseaux bancaires internationaux. Cette enquête montre que derrière ses succès militaires et sa puissance de feu, Daech affiche le visage d’une vaste entreprise commerciale, fonctionnant un peu à l’image des cartels du crime. Enfin, plusieurs experts – Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, Romain Caillet, chercheur au Centre français du Proche-Orient de Beyrouth, spécialiste reconnu des mouvements islamistes, et Jean-Charles Brisard, enquêteur économique auteur d’un rapport complet sur l’argent de Daech – analysent les conséquences géopolitiques de l’apparition de ce nouvel État terroriste.      

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Pour conclure cette article, je souhaitais faire un HOMMAGE aux victimes des attentats de Paris du 13 Novembre et à toutes les victimes faites par Daech depuis toujours !

#PRAYFORPARIS

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